Les origines du Quai 54
Chaque été, Paris devient le point de rendez-vous mondial des passionnés de streetball. Le temps d’un week-end, cette année du 10 au 12 juillet, le Quai 54 rassemble les meilleurs joueurs de playground de la planète, des milliers de spectateurs et quelques-unes des plus grandes figures de la NBA. À l’origine du projet : Hammadoun Sidibé, entrepreneur franco-malien passionné de culture basket, et Thibaut de Longeville, réalisateur et directeur artistique. À une période où le streetball est encore considéré comme une pratique parallèle au basketball traditionnel, les deux hommes veulent mettre en lumière ce qui le rend unique, mais aussi son intime lien avec le hip-hop, la mode et la musique.
C’est tout un écosystème qu’ils souhaitent faire découvrir à travers ce tournoi baptisé Quai 54, porté par les joueurs, les danseurs, les DJ et les supporters venus des quatre coins du monde. Pour Hammadoun Sidibé, l’objectif est de faire évoluer le regard porté sur la culture urbaine. Comme il l’expliquait dans un entretien accordé à Yard en 2020 : « Tout ce qui a une résonance hip-hop et street n’est pas forcément négatif. » Le Quai 54 voiulait également prouver qu’un événement né dans les quartiers pouvait être organisé avec la même exigence que les plus grands rendez-vous internationaux.
Le choix de Paris se fait tout naturellement, porté autant par l’attachement de Hammadoun Sidibé à la capitale que par l’existence d’une scène playground, bien que discrète. Habitué à jouer au streetball avec ses amis, il découvre un terrain situé au 54, quai Michelet, à Levallois-Perret (92). Dans plusieurs interviews, il raconte que c’est ce lieu qui lui inspira le nom du tournoi et accueilla sa toute première édition en 2003. Plus de vingt ans plus tard, ce nom est devenu une référence du streetball parisien.
Le Quai 54 s’est propulsé en 2005. Cette année-là, l’équipe emblématique du Rucker Park à New York, le Terror Squad, participe au tournoi. Considérés largement favoris, leur défaite contre une équipe française suffit à faire circuler le nom de l’événement dans le monde entier : un exploit qui n’a fait qu’accroître l’engouement déjà naissant.
L’entrée en jeu de Jordan Brand
Au fil des éditions, le Quai 54 dépasse petit à petit le cadre d’un simple tournoi. Les meilleures équipes internationales s’y donnent rendez-vous et les stars de la NBA s’invitent sur les playgrounds de la capitale. C’est dans ce contexte que Jordan Brand décide de s’associer durablement à l’événement en 2007. Un choix lourd de sens, puisque la marque s’associe à un tournoi de streetball parisien. Deux ans plus tard, cette première collaboration s’officialise en dévoilant la Air Jordan 1 « Ruff and Tuff ». Cette édition limitée inaugure une tradition qui perdure encore aujourd’hui, chaque nouvelle édition du Quai 54 donnant naissance à une sneaker exclusive.

Au fil des années, ces collaborations cessent d’être de simples déclinaisons d’Air Jordan, et elles s’imposent comme un moyen de raconter l’histoire du tournoi tout en mettant en avant son identité et les influences qui font de lui ce qu’il est.
Un ADN parisien
En 2011, Jordan Brand choisit la Air Jordan 5, une silhouette qui nourrit un lien bien particulier avec Paris. Lors de sa sortie en 1990, elle est la première Air Jordan à être commercialisée dans les boutiques de la capitale. Vingt ans plus tard, elle revient, inspirée par les couleurs du tournoi. Pour Thibaut de Longeville, cette paire marque un véritable tournant dans l’histoire de la collaboration et permet à de nombreux collectionneurs de découvrir d’abord la sneaker avant le Quai 54 lui-même.
Quatre ans plus tard, le visuel de la collaboration évolue encore. Avec la Air Jordan 13, Jordan Brand rend hommage à la ville d’accueil de l’événement. Les détails géométriques font écho à l’architecture parisienne tandis que le logo du Quai 54 est apposé sur la languette.
Une identité désormais ancrée
Cette approche se confirme en 2019 avec la Air Jordan 8. Inspirée de la Nike Air Raid, un modèle spécifiquement pensé pour le streetball, elle fait honneur aux différentes influences qui composent le Quai 54. Les couleurs évoquent la France et l’Afrique de l’Ouest, en clin d’œil aux origines d’Hammadoun Sidibé, avec des motifs géométriques empruntés au mouvement Bauhaus.
Là où les précédentes éditions multipliaient les références culturelles, la nouvelle paire imaginée pour cette édition 2026 met en avant les teintes choisies pour le tournoi : le violet et le vert, tout en sobriété, tandis que le logo du Quai 54 continue d’habiller la chaussure pour rappeler l’événement. Elles marquent la constante évolution du partenariat entre Jordan Brand et Quai 54 : on ne considère plus que les sneakers se contentent d’accompagner le tournoi, mais plutôt qu’elles racontent son histoire en en conservant des traces. En vingt ans, cette collaboration entre Jordan Brand x Quai 54 est devenue la plus vieille de la marque, et chacune des paires portent une période : les débuts, le lien ancré avec Paris et ses designs multiculturels.
