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Nhobi Graffeur de Rio à Marseille

Nhobi Graffeur de Rio à Marseille

L'agence Calyce

Pour la première Calyce Stories de l’agence parisienne Calyce, destination Marseille, autour d’un café dans son atelier situé rue de la République à proximité du quartier phare de Marseille Le Panier, que nous avons eu plaisir à échanger avec Nhobi. Son nom ne vous dit peut- être rien, mais cet artiste est une figure incontournable du graffiti à Rio tout comme à Marseille. Une vie d’artiste qu’il partage entre ces  deux grandes  villes portuaires…  Retour sur son parcours.

Je n’ai jamais été dans l’optique de prendre la place d’un artiste français, au contraire je souhai- tais trouver ma propre place ici.

 

Qui est Nhobi et comment t’es venue cette passion pour le graffiti ?

 

 

Je m’appelle Fabio Cerqueira, mon blazeau Brésil était Binho. En arrivant en Europe, je souhaitais avoir un pseudo plus original. Dans le Street Art, on a une stratégie pour masquer notre identité en inversant des mots: c’est ainsi le petit Binho est devenu Nhobi. 

Ma première passion est le dessin. Le graffiti m’est apparu comme un moyen de rendre mes dessins visibles. J’ai com- mencé à tagguer à 13 ans puis j’ai pris un autre chemin avant de finalement me consacrer professionnellement à l’Art. Je décris mon art, comme naïf, avec des traits tordus, beau- coup de couleurs. Je n’aime pas les portraits, ou être fidèle à la réalité, j’ai une préférence pour l’univers imaginaire. C’est ce côté immature qui fait le charme de mon travail. Des traits vivants qui donnent du mouvement à mes œuvres.

 

 

Tu partages ta vie d’artiste entre Rio de Janeiro et Marseille, comment as-tu réussi à t’imposer à Marseille ? Est-ce de la même manière qu’à Rio ?

Je crois que c’est parce que je suis quelqu’un qui ne s’impose pas, je discute avec tout le monde… Je n’ai jamais été dans l’optique de prendre la place d’un artiste français, au contraire je souhaitais trouver ma propre place ici. Cela impliquait dans un premier temps une phase d’observation, de découverte, d’ac- cueil des codes et de la culture française, de la langue aussi. 

Au Brésil c’est  pareil. En réalité  le monde du graffiti est un petit monde, les gens se connaissent. On a plutôt tendance à s’entraider, à partager des choses. C’est comme  l’école, on est tous ensemble pour apprendre des choses mais après chacun va dans son propre sens.

Tu as réalisé une de tes plus grandes fresques à Marseille, en collaboration avec un autre artiste Brésilien, Quelle est la bonne  logistique à avoir pour réaliser une telle œuvre ?

Pour  réaliser  une fresque  géante il est   rarement possible   de contourner la   légalité. C’est en effet un travail long qui demande beaucoup  d’investissement personnel et de temps. Il faut donc avoir premier   lieu l’autorisation du propriétaire du mur, chercher ensuite un financement, au moins pour le matériel. Idéalement on cherche à être rémunéré pour la main d’œuvre mais cela dépend des moyens du commanditaire. Il   faut également prévoir une na- celle ou échafaudage, et en cas de moyens très réduits, je peins à l’échelle.

Dans tous les cas c’est toujours une belle  opportunité d’avoir une telle surface à disposition on fait donc avec les moyens du bord.

Parlons un peu de l’histoire du graffiti  à Rio, quels sont les artistes précurseurs de ce mouvement artistique ? Existe-il des évène- ments qui regroupent les artistes du street Art?

Le Brésil est un très grand pays, le mouvement a donc pris des formes différentes selon les villes où il a vu le jour. Il y a bien sûr des pionniers mais je préfère ne citer personne car je ne veux pas pa- raître injuste, ni oublier de citer quelqu’un. Je crois qu’il faut se concentrer sur ceux qui produisent actuellement, ceux dont on ne parle pas assez. Pour les évènements, je citerais en vrac: Meeting of Favela, Meeting of Style, le projet Baguncinha, les Soupes de Lettres. Il y a de nombreux évènements très différents à travers le pays, c’est  un pays énorme!

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#Rio: #Mars : #Grajaú: #LePanier : #Nhobi: #Undartground

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Quels sont les lieux incontournables à visiter au Brésil pour voir du graffiti ?  Le Street Art a-t-il trouvé sa place dans les galeries,  est-il vendu  à des collectionneurs   ?

 

Rio et São Paulo sont devenues des musées à ciel ouvert du graffiti et du tag (forme la plus dévalo- risée du Street art qui est pourtant selon moi la plus authentique et la plus politique). On le re- trouve principalement dans les centres villes, les banlieues voire même les centres d’affaires! L’entrée      du Street       Art au musée, est   un phénomène    relativement récent.    Il reste malheureusement destiné  à une faible poignée de gens qui sont déjà connus.

On trouve des passionnés qui sont prêts à investir pour de bons, mais aussi des amateurs qui ont  moins de moyens et qui vont se tourner vers des affiches, des sérigraphies, des mini-formats par exemple.

La musique influence-t-elle ton art ? Recommanderais-tu des rappeurs ou artistes Hip hop de Rio ou de Marseille en particulier?

Je ne peins jamais sans musique et le hiphop/Rap est le principal style que j’écoute. Pour São Paulo, je pense à Projeto Nave, Síntese et à des rappeurs comme Criolo ou Emicida. Du côté de Rio, il y a  Planet Hemp, MV Bill et Mc Maréchal. En France, j’apprécie beaucoup IAM, Oxmo Puccino, Kerry James. Le rap est une musique qui m’inspire, qui me réconforte, elle me donne envie de me battre, de ne pas tout accepter, de ne pas mâcher mes mots.

Hormis le graffiti, as-tu d’autres passions à nous partager?

J’aime observer la nature, notamment en prenant la route en voiture, mais aussi jouer au foot et la bonne cuisine!

 

 

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