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Nicolas Reverdito, incontournable du hip hop nantais

Nicolas Reverdito, incontournable du hip hop nantais

Clementine Lavote


Fondé en 2005 à Nantes, le festival Hip Obsession est aujourd’hui une référence dans le monde du Hip Hop en France. Concerts, battles de danse, le festival souhaite montrer la diversité de la culture urbaine. Un pari plus que réussi ! Nous sommes allés à la rencontre de Nicolas Reverdito, l’investigateur du festival et directeur de Pick Up Production, l’association référente de la culture urbaine nantaise. 


Bonjour Nicolas ! Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Avant de commencer, nous allons faire un petit retour en arrière. Quel a été votre parcours jusqu’à votre arrivée chez Pick up Production ?


Le hip-hop, je l’ai découvert jeune, lorsque j’étais ado. J’ai accroché direct avec cette culture ! Mais je n’ai pas la fibre artistique. Je ne rappe pas, je ne peins pas. Alors, je me suis dit que j’allais m’investir autrement pour cette culture qui me passionne : en créant des évènements ! 

Lorsque je suis arrivé à Nantes en 2003, Pick Up Production existait déjà. L’association a été créée en 1999. À l’origine, elle organisait des soirées DJ ou des évènements pour des sorties d’albums. En 2003, Pick Up Production était missionnée pour organiser les 10 ans d’HB2 (une école de danse hip hop à Nantes). Malheureusement, cette année-là, une grosse grève des intermittents du spectacle a obligé Pick Up Production à reporter cet évènement. Cette grève m’a créé une belle opportunité, car l’équipe cherchait un bénévole pour gérer le report du festival. C’est comme ça que je suis entré à Pick Up Production. 

Et en janvier 2005, je créais mon poste à la tête de l’association ! À ce moment-là, l’objectif de Pick Up Production a changé. Notre but était de valoriser la culture hip-hop. 



Pour valoriser cette culture hip-hop, vous avez monté un festival : le hip Obsession. Comment avez-vous réussi à l’organiser ?



À mon arrivée à Nantes, j’ai découvert une ville où la culture urbaine était très présente, mais pas mise en valeur. Le hip hop manquait d’un endroit pour le valoriser et le faire découvrir au grand public. Il y avait un vrai terreau d’acteurs locaux, mais aucun moment fédérateur pour les mettre en lumière. Grâce à mon parcours, je savais comment monter un évènement : rédiger des dossiers, demander des subventions, trouver des partenaires. J’ai réalisé un business plan fiable, pour montrer que c’était un projet sérieux et qui pourrait rémunérer les artistes. 

La première édition du Hip Obsession a eu lieu en 2005. On a commencé petit pour ne pas se casser la gueule. Le Lieu Unique est le premier lieu à nous acceuillir et à nous avoir fait confiance. C’est là-bas que nous avons pu organiser les premières battles de danse. 14 ans après, c’est toujours le rendez-vous incontournable du festival ! 



Comment se sont passées les premières années du festival ? Et comment est-il devenu une référence dans le milieu ? 


Les premières années, ça n’a pas été simple. C’était en mode Macgyver, on faisait avec les moyens du bord. J’étais tout seul avec les bénévoles. On n’avait pas beaucoup de budgets. Mais j’ai continué à démarcher, à structurer Pick Up Production pour avoir une vraie vie associative. Pour solidifier les ressources économiques et pouvoir investir dans le festival, nous avons continué d’organiser des concerts toute l’année dans les salles nantaises. 

Hip Obsession a évolué avec le temps. Les premières années, nous avions environ 3 000 participants, sur quelques jours. Aujourd’hui, le festival dure 2 semaines entières et nous accueillons entre 23.000 et 25.000 festivaliers dans les salles de concert, les bars et les salles d’expositions. 



Comment avez-vous réussi à faire de Hip Obsession, le festival qu’il est aujourd’hui ?  

 

Le Hip Obsession est un projet qui tient la route dans le temps. Nous avons pu développer l’équipe au fur et à mesure. Aujourd’hui je ne suis plus tout seul à gérer le festival ou travailler pour l’association. Nous avons toujours eu une certaine exigence sur la qualité du festival. On voulait faire quelque chose de carré, pour montrer que faire du rap, c’est faire les choses comme il faut. 



Le festival a eu 14 ans cette année ! Qu’est-ce qui a changé depuis la première ÉDITION ? Qu’est-ce que vous avez gardé ?


Le fond du projet est toujours le même : valoriser la culture hip-hop et montrer sa diversité (le rap, le street art, la danse etc). Le festival est porté par des passionnés, alors on a toujours envie de faire mieux, de ne pas s’endormir sur nos lauriers. Nous avons gardé les battles au Lieu Unique. C’est cet événement qui a permis au festival d’avoir, dès le départ, un rayonnement national et international. Lors des premières éditions, les battles ne duraient qu’une soirée. Aujourd’hui, ça dure 2 soirées et une après-midi ! 

Il y a 4/5 ans, on s’est dit qu’il était temps de révolutionner le festival. On voulait tout changer. Mais en fait, on trouvait tout trop cool. Alors on a pris du recul, et on s’est dit que l’on proposerait des nouveautés chaque année. Et c’est ce qu’on fait ! Il y a 3 ans, nous avons mis en place des dispositifs pour accueillir les sourds, malentendants, malvoyants et déficients mentaux sur le festival. On continue toujours de travailler sur le sujet, car l’on souhaite que Hip Obsession soit 100 % accessible à tous ! Puis, il y a deux ans, nous avons ouvert notre QG. Il est ouvert tous les jours pendant le festival et tout le monde peut venir s’y poser et assister à des concerts. 

On a un festival pluridisciplinaire et pour moi, c’est sa vraie force ! 

 

On a un festival pluridisciplinaire et pour moi, c’est sa vraie force !

 

Bien que vous soyez à l’origine du Hip Obsession, ce n’est plus vous qui le gérait aujourd’hui, pourquoi ? 



J’étais dans une phase où je me demandais ce que j’allais faire, car c’est important d’évoluer. Je gère le festival depuis 14 ans. J’ai décidé de déléguer l’organisation du festival à mon collègue. Aujourd’hui je me concentre sur la gestion de l’association et de notre nouveau projet.  

Rendez-vous au Festival Hip Opsession Reboot 11 & 12 octobre 2019 Transfert, Rezé

2 jours / 3 chapiteaux / 25 formations rap & hip hop

www.hipopsession.com

Artistes présents  : Avec Hocus Pocus invite : C2C, Allttta, Parrad • 13 Block • Georgio • Neg Marrons • Demi Portion • Davodka • The Herbaliser • Nadia Rose • Isha • Prince Wally • Makala • DJ Q-Bert & The Fresh Crew • Illa J • Dope Saint Jude • Children of Zeus • 404Billy • Zed Yun Pavarotti • Moka Boka • Lala &ce • End of the Weak – Finale France • Uniteam – Alexinho & Alem • Skow & Také • As Tec • J-Zen • DJ CLB

 

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